"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

jeudi 21 septembre 2017

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX


8/21 septembre
NATIVITÉ DE LA TRÈS-SAINTE MÈRE DE DIEU
Saint Sérapion du monastère du Saint-Sauveur à Pskov (1480) ; saint Lucien de Pereyaslavl (1655) ; saint néo-martyr Athanase de Thessalonique (1774) ; saint Sophrone, évêque d’Achatalea en Géorgie (1803) Saints Jean (1957) et Georges (1962), confesseurs (Géorgie).
Lectures : Philip. II, 5-11 ; Lc. X, 38-42 ; XI, 27-28




LA NATIVITÉ DE LA TRÈS-SAINTE MÈRE DE DIEU[1]

N
otre Dieu créa l'homme et le plaça dans le Paradis pour qu'il ne se préoccupe que de cultiver le bien et de contempler Dieu seul par ses œuvres. Mais, par la jalousie du diable, qui séduisit Eve, la première femme, Adam tomba dans le péché et fut exclu du Paradis de délices. Par la suite, Dieu donna Sa Loi aux hommes par Moïse et fit connaître Ses volontés par les Prophètes, en préparation d'un bienfait plus grand: l'Incarnation de Son Fils unique, le Verbe de Dieu, qui devait nous délivrer des filets du Mauvais. En assumant notre nature, le Christ voulait participer pleinement à notre condition déchue, hormis le péché: car Lui seul est sans péché, étant Fils de Dieu. C'est pourquoi Dieu Lui prépara une demeure immaculée, une arche pure, la très Sainte Vierge Marie, qui, bien qu'elle fût elle aussi soumise à la mort et à la condamnation de nos premiers parents, fut élue par Dieu depuis l'origine des âges pour être la nouvelle Ève, la Mère du Christ Sauveur, la source de notre rédemption et le prototype de toute sainteté chrétienne.

Son père s'appelait Joachim. Il descendait de la tribu royale de David par la branche de Nathan, son fils. Nathan engendra Lévi, Lévi engendra Melchi et Panther, Panthère engendra Barpanther, père de Joachim. Anne, l'épouse de Joachim, descendait elle-aussi de la tribu royale; car elle était la petite-fille de Mattha, lui-même petit-fils de David par Salomon. Mattha épousa une certaine Marie de la tribu de Juda, et ils donnèrent naissance à Jacob, le père de Joseph le charpentier et à trois filles: Marie, Sobée et Anne. Marie donna naissance à Salomée la sage-femme; Sobée à Elisabeth, la mère du Précurseur, et Anne à la Mère de Dieu, Marie, qui portait ainsi le nom de sa grand-mère et de sa tante. Elisabeth et Salomée, les nièces d'Anne, étaient donc les cousines de la Mère de Dieu. Selon une divine économie, et pour montrer la stérilité de la nature humaine avant la venue du Christ, Dieu avait laissé Joachim et Anne sans progéniture jusqu'à un âge avancé. Comme Joachim était riche et pieux, il ne cessait de s'adresser à Dieu par la prière et de Lui offrir des présents, pour qu'Il les délivre, lui et son épouse, de leur opprobre. Un jour de fête, alors qu'il s'était présenté au Temple pour déposer son offrande, un des fidèles s'adressa à lui en disant: «Il ne t'est pas permis de présenter ton offrande avec nous, car tu n'as pas d'enfant». Alors, le cœur ulcéré, Joachim ne rentra pas chez lui, mais se retira dans la montagne, seul, pour prier et verser des larmes devant Dieu. Pendant ce temps, Anne versait elle aussi d'abondantes larmes et élevait de ferventes supplications vers le ciel, dans son jardin. Notre Dieu, riche en miséricorde et plein de compassion, entendit leurs supplications et envoya auprès d'Anne l'Archange Gabriel, l'Ange de la bienveillance de Dieu et l'annonciateur du salut, pour lui annoncer qu'elle allait concevoir et donner naissance à un enfant, malgré son âge, et que l'on parlerait de cette progéniture par toute la terre. Elle répondit, pleine de joie et de surprise: «Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, si j'enfante soit un fils, soit une fille, je le consacrerai au Seigneur mon Dieu, pour qu'il Le serve tous les jours de sa vie». Joachim, lui aussi, reçut la visite d'un Ange qui lui ordonna de se mettre en chemin avec Ses troupeaux pour rentrer chez lui et se réjouir avec sa femme et toute leur maison, car Dieu avait décidé de mettre fin à leur opprobre.

Or, neuf mois étant passés, Anne enfanta. Elle demanda à la sage femme: - «Qu'ai-je mis au monde?» Celle-ci répondit: - « Une fille. » Et Anne reprit: - «Elle a été glorifiée en ce jour, mon âme!» Et elle coucha délicatement l'enfant. Les jours de la purification de la mère exigés par la Loi étant accomplis, elle se releva, se lava, donna le sein à son enfant, et lui donna le nom de Marie: le nom qu'avaient attendu confusément les Patriarches, les Justes et les Prophètes, et par lequel Dieu devait réaliser le projet qu'Il tenait caché depuis l'origine du monde.

De jour en jour, l'enfant se fortifiait. Quand elle eut six mois, sa mère la posa à terre, pour voir si elle tiendrait debout. Marie avança alors de sept pas assurés, puis revint se blottir dans le giron de sa mère. Anne la souleva en disant: «Aussi vrai que vit le Seigneur mon Dieu, tu ne fouleras plus ce sol avant que je ne t'emmène au Temple du Seigneur. » Et elle établit un sanctuaire dans la chambre de l'enfant, où rien de vil ni de souillé par le monde n'entrait. Et elle fit venir des filles d'Hébreux de race pure, pour jouer avec l'enfant. La première année de la petite étant écoulée, Joachim donna un grand festin. Il invita des Prêtres, des scribes et les membres du Conseil, et tout le peuple d'Israël. Joachim présenta aux Prêtres la petite fille, ceux-ci la bénirent en disant: «Dieu de nos pères, bénis cette petite fille et donne lui un nom qui soit nommé éternellement et par toutes les générations. » Et tout le peuple répondit: «Qu'il en soit ainsi, qu'il en soit ainsi! Amen!» Joachim la présenta aussi aux princes des Prêtres. Ceux-ci la bénirent en disant: «Dieu des hauteurs sublimes, abaisse Ton regard sur cette petite fille, et donne lui une bénédiction suprême, une bénédiction à nulle autre pareille!» 

Sa mère emporta Marie dans le sanctuaire de sa chambre et lui donna le sein, en adressant au Seigneur Dieu cette hymne: «Je veux chanter au Seigneur mon Dieu une hymne, parce qu'Il m'a visitée et qu'Il a écarté de moi l'outrage de mes ennemis. Car le Seigneur m'a donné un fruit de Sa justice, cette justice qui est une et multiple tout ensemble. Qui annoncera maintenant aux fils de Ruben qu'Anne est Mère? Apprenez, apprenez, vous les douze tribus dIsraël, qu'Anne est mère!» Puis elle posa l'enfant dans la chambre du sanctuaire, sortit et alla servir les invités, qui se réjouissaient et louaient le Dieu d’Israël.

Tropaire de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4
Рождество́ Твоé, Богоро́дице Дѣ́во, ра́дость возвѣсти́ всéй вселéннѣй: изъ Тебé бо возсiя́ Со́лнце Пра́вды, Христо́съ Бо́гъ нашъ, и, разруши́въ кля́тву, дадé благословéнiе, и, упразди́въ смéрть, дарова́ на́мъ живо́тъ вѣ́чный.
Ta nativité, Vierge Mère de Dieu, a annoncé la joie à tout l’univers, car de toi s’est levé le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, qui, en détruisant la malédiction, nous a donné la bénédiction ; en abolissant la mort, Il nous a donné la vie éternelle.


Kondakion de la Nativité de la Mère de Dieu, ton 4
Iоакмъ и нна поношéнiя безча́дства и Ада́мъ и Éѵа отъ тли́ смéртныя свободи́стася, Пречи́стая, во святѣ́мъ рождествѣ́ Твоéмъ. То́ пра́зднуютъ и лю́дiе Твои́, вины́ прегрѣшéнiй изба́вльшеся, внегда́ зва́ти Ти́ : непло́ды ражда́етъ Богоро́дицу и пита́тельницу жи́зни на́шея.
Joachim et Anne ont été délivrés de l’opprobre de la stérilité, et Adam et Ève  de la corruption de la mort, ô Immaculée, en ta sainte nativité ; c’est elle que fête également ton peuple libéré de la condamnation pour ses péchés, en te criant : « La stérile met au monde la Mère de Dieu, la nourricière de notre vie ».

Au lieu de « il est digne en vérité », ton 8
Велича́й, душé моя́,  пресла́вное рождество́ Бо́жiя Ма́тере.
Чу́жде ма́теремъ дѣ́вство, и стра́нно дѣ́вамъ дѣторождéнiе: на Тебѣ, Богоро́дице, обоя́ устро́ишася. Тѣ́мъ Тя́ вся́ племена́ земна́я непреста́нно велича́емъ.
Magnifie, ô mon âme, la très glorieuse nativité de la Mère de Dieu.
Étrangère est aux mères la virginité et inconnue des vierges est la maternité. En Toi, Mère de Dieu, l’une et l’autre furent réalisées. C’est pourquoi toutes les tribus de la terre ne cessent de Te magnifier.



AU SUJET DE L’EPÎTRE DE LA FÊTE

Le passage de l’épître aux Philippiens, retenu par l’Église pour toutes les fêtes de la Mère de Dieu, dont celle de la Nativité que nous célébrons aujourd’hui, est celui où il est question en détails de l’incarnation du Christ. C’est en effet la Mère de Dieu qui en fut l’instrument. En outre, cette épître nous appelle à l’humilité qui fut l’ornement par excellence tant de la Mère de Dieu que de son Fils. Nous reproduisons ci-dessous les commentaires de St Justin de Tchélié sur le verset : « « Il s’abaissa plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix ! » (Phil.II,8)
« Il est descendu dans la mort, dans l’abîme le plus profond de la mort, afin d’en délivrer, en tant qu’homme tout puissant sans péché, le genre humain. En vérité, c’est un abaissement incommensurable pour le Dieu-homme que de descendre dans l’abîme fétide de la mort, là où tant d’être humains se putréfient et se décomposent, là où la fétidité provenant du péché est insoutenable, où le pouvoir cruel des esprits impurs et mauvais est insupportable. « Il fut obéissant jusqu’à la mort ». Obéissant à qui, à quoi ? – A l’amour Divin, et au dessein du salut du monde par la mort sur la Croix du Fils de Dieu. Par Son « obéissance » à Son amour sans limite pour l’homme, à Sa commisération, à Sa miséricorde universelle. La mort est un abaissement pour l’homme à l’image de Dieu, et d’autant plus pour le Dieu-homme sans péché. L’homme, par son amour du péché s’est abaissé jusqu’à la mort, et s’est soumis à la mort. Aimant le péché jusqu’au bout, l’homme ne pouvait se délivrer de la mort, car par ses propres péchés, tels des chaînes que l’on ne peut rompre, il s’est soumis à l’esclavage de la mort. Et les péchés sont la force de la mort. Le Dieu-homme sans péché est réellement mort comme homme, mais la mort ne pouvait Le retenir en son pouvoir, parce qu’il n’y avait pas en Lui de péché – cette seule force, à l’aide de laquelle la mort détient sous son joug les êtres humains. Entré chez celle-ci volontairement, Il l’a détruite depuis l’intérieur par Son absence de péché et Sa justice Divino-humaines, sauvant ainsi le genre humain de la mort. Le Dieu-homme, qui est toute justice, toute lumière, absence de péché, a illuminé même l’instrument de mort le plus honteux – la Croix, et lui a transmis la force miraculeuse et salvatrice de Sa Personne Divino-humaine. Pour cette raison, la Croix n’est pas seulement le signe du salut, mais la force même du salut, « la puissance Divine » (I Cor. I,18) même ».



[1] Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras

mercredi 20 septembre 2017

A Prayer of Elder Sophrony Sakharov



*

Père Raphaël [Noica]récite en roumain une prière de son père spirituel le staretz Sophrony de Maldon ( UK)
*

"Ô DIEU ET NOTRE PÈRE,
source du temps et de l'éternité,
Qui, par Ton pouvoir, a fixé un terme à notre vie sur terre,
et par Ton Fils Unique, nous accorde,
par la résurrection la vie immortelle
et un Royaume immuable -
accepte-nous qui T'implorons,
et soutiens-nous par Ton Saint-Esprit
alors que nous approchons de Ton trône d'en Haut,
daigne accepter notre louanges et nos actions de grâces...

Nous Te prions, ne nous abandonne pas;
mais comme au temps jadis
Tu envoyas ton Saint-Esprit
sur les sacrifices offerts par nos pères,
à présent, dans ta bonté,
ne méprise pas nos supplications, ni notre adoration,

Car Toi seul es notre Dieu et à Toi revient la gloire,
maintenant et toujours,et aux siècles des siècles.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

SOLIDARITE KOSOVO

Plusieurs milliers d'euros de matériel livrés aux clubs de sport des enclaves
Chers amis,
Au début du mois de septembre 2017, Arnaud Gouillon, directeur de Solidarité Kosovo, s'est rendu dans plusieurs enclaves du Kosovo. Avec un double objectif : d'une part visiter plusieurs écoles ayant demandé des financements pour des travaux de rénovation cet hiver (nous vous en parlerons le moment venu), d'autre part apporter du matériel à plusieurs clubs sportifs préalablement sélectionnés en lien avec le père Serdjan, notre correspondant sur place.




Les enfants du club d'athlétisme de Prilužje posent avec Arnaud Gouillon et le père Serdjan autour du matériel apporté par Solidarité Kosovo.

Ils étaient quatre clubs, dans quatre enclaves : un club de volley à Lipljan, un de football féminin à Gračanica, un d'athlétisme à Prilužje et un de karate à Štrpce. Ces quatre clubs ont été sélectionnés en raison de leur dynamisme et de leur importance pour les habitants des enclaves.
À Gračanica, le club de foot féminin est le seul du Kosovo. Il accueille des jeunes femmes de toute la ville mais aussi des villages serbes alentours. Elles s'y retrouvent dans un lieu protégé, où elles n'ont rien à craindre, où elles peuvent d'abord se dépenser physiquement mais aussi discuter entre elles, partager sur leur quotidien, se réconforter mutuellement, s'encourager. Pour chacune d'elles, c'est un bol d'air hebdomadaire qu'elles ne rateraient pour rien au monde.
Nous leur avons apporté des ballons de qualité et des tenus complètes qui viendront renforcer l'esprit d'équipe.
    Des clubs portés à bout de bras
À Lipljan, tous les jeunes hommes de l'enclave – un tout petit quartier serbe au milieu d'une ville totalement albanaise – se retrouvent jusqu'à quatre soirs par semaine pour l'entrainement de volley. Là aussi, c'est un moment de convivialité important pour ces hommes dont la plupart peinent à trouver du travail. Le sport les aide tous à tenir le coup, à ne pas se laisser aller à la déprime et surtout à ne pas sombrer dans l'alcool, fléau hélas tellement répandu au Kosovo.
Là aussi, nous leur avons apporté des ballons et des tenues complètes, mais aussi plusieurs filets neufs.
À Štrpce, ils sont plus de cinquante enfants à fouler le tatami, sous la houlette bienveillante mais ferme de Marko, jeune entraîneur de 22 ans qui tient le club à bout de bras. Jusqu'à présent, ils s'entrainaient avec seulement quatre paires de gants. Malgré ces limitations matérielles, les enfants ont un niveau impressionnant qu'Arnaud Gouillon, grand amateur de sports de combat, a pu apprécier lors d'une démonstration qu'il a suivie avec intérêt.
Ils s'entrainent désormais sur des tatamis neufs... et avec une paire de gants par enfant.



Les enfants du club de karaté de Štrpce en pleine démonstration.
Enfin, à Prilužje, ils sont là aussi une cinquantaine d'enfants à se retrouver deux fois par semaine sur un terrain d'athlétisme usé. Là encore, un jeune coach tient le club à bout de bras et le fait vivre malgré les difficultés.
Les haies, les chaussures et les survêtements que nous avons fournis au club aideront le jeune coach à dispenser un entraînement de qualité à ses élèves.
    Le sport, un outil de cohésion
Tous ces clubs ne vivent bien souvent que par la volonté d'une personne, souvent un jeune homme ayant un jour refusé de voir ses compatriotes s'enfermer dans la passivité et ayant décidé de leur donner un moyen de se reprendre en main. Comme dans chacune de nos opérations, nous faisons ainsi attention à ne pas nous substituer à nos amis serbes mais à accompagner leurs initiatives, à leur donner les moyens d'aller au bout de ce qu'ils entreprennent.
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le sport est fondamental pour les habitants de ces enclaves : il est un outil de cohésion sociale, il forge les corps et les volontés, mais il permet aussi parfois de quitter ces enclaves, le temps de matchs amicaux ou de compétitions en Serbie par exemple. Ces voyages hors du Kosovo sont d'ailleurs le plus souvent financés par les clubs de Serbie centrale, qui expriment ainsi leur solidarité avec leurs frères opprimés au Kosovo.
Merci encore pour votre soutien, sans qui rien de tout ça n'aurait été possible.
L'équipe de "Solidarité Kosovo"
PS : les personnes souhaitant nous aider peuvent contribuer au développement de nos activités en nous faisant un don. Par chèque à l’ordre de « Solidarité Kosovo », BP 1777, 38220 Vizille ou par Internet en cliquant sur le lien de paypal ci-après:

« Solidarité Kosovo » étant reconnu d’intérêt général, chaque don ouvre droit à une déduction fiscale à hauteur de 66% du montant du don. A titre d'exemple, un don de 100 € vous permet de déduire 66 € sur la somme de vos impôts à payer. Ainsi votre don ne vous coûte en réalité que 34 €.



mardi 19 septembre 2017

Staretz Aimilianos du Mont Athos: Comment la prière commence-t-elle?




Une fois que nous constatons le grand écart entre notre être terrestre et le Dieu transcendant et omnipotent, nous commençons à apprécier combien peu de choses nous connaissons sur Dieu. Nous comprenons les limites de notre intellect et de nos pouvoirs rationnels.

Le staretz Aimilianos dit:

Nous ne connaissons pas Dieu. Nous vivons dans l'ignorance totale, dans ce qui est essentiellement l'oubli total. Je ne me souviens plus de Dieu ni je ne le connais. C'est pourquoi je pleure tout le temps, afin qu'il puisse être désolé pour moi et me répondre. Et quand Dieu répond, je peux entamer une conversation. C'est ainsi que commence la prière!

Le début de la prière est un mouvement de la partie la plus profonde de notre être. C'est un humble cri d'aide. Au début, la prière peut s'exprimer de plusieurs façons. 

Elle peut commencer par les mots que nous exprimons avec nos bouches, en lisant les prières des psaumes ou de l'Eglise. Cela peut être une expression verbale extérieure ou celle qui se dit silencieusement à l'intérieur de nous-mêmes. 

Ce qui importe, c'est que la prière soit sincère, fondée sur notre foi et vienne de notre profondeur intérieure. La clé est que nous priions avec cette profondeur afin que nous prenions conscience de ce que l'esprit qui nous parle.

Le staretz Aimilianos dit:

Ce qui importe, c'est qu'il y ait un cri de profondeur, qui soit comme une bombe puissante, comme un tremblement de terre, qui secoue les cieux et que Dieu réponde, en fin de compte, et nous dise: Tu cries vers moi? Pourquoi?

Le début de la prière implique cette envie intense de communiquer avec Dieu. C'est un cri urgent et persistant. Toujours basé sur une vision humble de notre réalité en relation avec Lui. Il ne fait aucune différence dans la façon dont nous essayons d'exprimer cela, que l'on soit debout, assis ou prosterné sur notre ventre. Ce doit être un cri que Dieu ne peut ignorer.

Le staretz Aimilianos dit:

Nous devrions apprendre à Le chercher. Parce que si Dieu devait se rendre immédiatement, avant que nous ne fassions l'une de ces choses... nous le chasserions aussi facilement que nous l'avons trouvé, car nous ne connaîtrions pas Sa vraie valeur... Dieu veut que nous Le sentions d'abord au fond de nos êtres que nous élevons vers Lui.

La première chose consiste à expérimenter la prière comme une lutte. La seconde est un cri des profondeurs [de l'être].

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Archimandrite Aimilianos
The Authentic Seal 
pp 203-205.


lundi 18 septembre 2017

Pierre DAVYDOV: Une icône étrange

Saint Nouveau-martyr Jean le Russe


Les moniales du couvent de saint Prochore Pcinjski, situé dans le sud de la Serbie à quelques kilomètres de la frontière macédonienne, nous ont raconté cette histoire.

Quand nous sommes entrés dans l'atelier d'icônes du couvent, nous avons repéré une icône inhabituelle: un saint était représenté avec une croix à la main (il était clair que c'était un martyr ou un confesseur), mais il était vêtu d'un uniforme de soldat et d'habits non traditionnels. 

Quelqu'un supposa que c'était une représentation du soldat martyre russe Eugène [Evgeny Rodionov], qui resta fidèle au Christ jusqu'à la fin, n'accepta pas dôter sa croix de baptême, et fut assassiné par des bandits tchétchènes le 23 mai 1996 à l'âge de dix-neuf ans. 

Mais ce n'était pas lui: comme on le vit sur l'icône, les armoiries sur l'uniforme du soldat étaient serbes et non russes. Nous avons pris une loupe et avons lu l'inscription suivante en serbe: "Saint Jean le russe, confesseur. L'Aide du peuple serbe. "

Pourquoi était-il alors en uniforme serbe? Qu'est-ce que cela signifiait? Certes, tous les saints sont nos aides indépendamment de leur nationalité. Nous demandons l'intercession de saints tels que Georges the Tropéophore, Isaac le Syrien, du thaumaturge Nicolas de Myre et de Moïse l'Ethiopien. Mais pourquoi le saint confesseur Jean le russe?

C'est ce que les moniales nous ont raconté... 

Tout le monde se souvient de l'horrible campagne de bombardement de l'OTAN de mars 1999, à la suite de laquelle le Kosovo et la Métochie, berceau de l'orthodoxie serbe, sont tombés sous le pouvoir des islamistes et de leurs maîtres: les «pacificateurs» de l'OTAN. Nous nous souvenons aussi de ceux qui se moquèrent des «salutations pascales» que les envahisseurs écrivirent sur les bombes et les missiles. 

À la suite de ces bombardements, des milliers de personnes furent tuées. Les principales victimes de cette campagne brutale furent des civils innocents. Selon le représentant spécial des Nations Unies pour les droits de l'homme dans l'ex-Yougoslavie, Jiri Dienstbier, l'opération des Balkans de l'OTAN a causé plus de décès chez les civils que le conflit même au Kosovo pour la résolution duquel elle a apparemment été lancée. 

L'écologie de la Serbie fut dévastée, les industries du pays furent ruinées. Maintenant, dix-huit ans après ces événements, la Serbie, habituée à des guerres sans fin à travers son histoire, est progressivement restaurée. Mais des bombardements plus prolongés auraient probablement entraîné un chaos total dans le pays, et un plus grand nombre de victimes. 

Oui, la Serbie a été obligée de se soumettre à l'OTAN afin d'éviter la destruction totale et la dévastation du pays. Et, comme on s'en souvient, la Russie (qui avait déjà prêté main forte à la Serbie à plusieurs reprises) ne fut pas un partenaire fiable en ce moment-là. [1] Mais les Serbes s'appuyèrent sur des saints russes. 

Le saint confesseur Jean le Russe fut un exemple frappant d'humilité dans les circonstances difficiles que les Serbes traversaient. Lors de sa captivité en Turquie, saint Jean convertit plusieurs personnes au Christ par son humilité. Il n'y eut pas de victoires profanes et retentissantes dans sa vie, il n'y eut pas de grands hymnes en l'honneur du tsar russe, mais il y eut la victoire du Christ et de l'humilité: une victoire calme et radieuse de Dieu, Qui préfère convaincre par Sa présence et l'Amour, et un murmure doux et léger (1 Rois 19:12).

Et, comme nous l'ont dit les moniales, saint Jean le Russe, apparut à un moine serbe du Mont Athos pendant qu'il priait avec ferveur (dans la vision, le saint était vêtu d'un uniforme militaire serbe). Saint Jean déclara: "Je vais aider mes frères, les Serbes." Le lendemain, le 10 juin 1999, le bombardement de l'OTAN fut terminé...

Les chrétiens furent confrontés à des épreuves à tout moment pendant l'histoire, et nos jours ne font pas exception à cette règle. Si on regarde ce qui se passe au Kosovo-Métochie, on ne peut pas qualifier cela de vie paisible et heureuse. Cependant, la Bonne Nouvelle de Christ est toujours répandue malgré tout. Et, selon les moines des monastères locaux, certains des Albanais et des soldats de l'OTAN qui, d'abord, méconnaissaient l'Orthodoxie, et même étaient hostiles envers elle, sont finalement devenus des chrétiens orthodoxes engagés. 

Certains ont embrassé l'Orthodoxie après avoir connu des miracles, d'autres ont été inspirés par le «murmure doux et léger» mentionné ci-dessus - la Lumière paisible de l'Amour du Christ qui triomphe de toutes sortes d'armes.

Il est donc trop tôt pour dire que l'Orthodoxie au Kosovo et en Métochie est morte. Si un saint russe captif a réussi à convertir des milliers de personnes au Christ par sa douceur, alors pourquoi des milliers de Serbes orthodoxes, devenus captifs dans leur pays natal, ne feraient-ils pas de même?

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
Pravoslavie.ru

dimanche 17 septembre 2017

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

4/17 septembre
15ème dimanche après la Pentecôte
Fête de tous les saints de la Terre d’Helvétie

Saint hiéromartyr Babylas, évêque d’Antioche, et avec lui les enfants martyrs : Urbain, Prilidien, et Épolonios, et leur mère Christodoula (251) ; saint prophète Moïse ; sainte martyre Ermione, fille de l’apôtre Philippe (117) ; saint martyr Babylas de Nicomédie et avec lui les 84 enfants (IVème s.) ; saint Anthyme l’aveugle, de Céphalonie (1782) ; invention des reliques de saint Joasaph de Belgorod (1911) ; saint hiéromartyr Pierre, métropolite de Dabro-Bosnie (1941) ; saints nouveaux martyrs de Russie : Grégoire, évêque de Schlisselbourg, Paul (Vasilievsky), Jean (Vasilievsky), Nicolas (Lebedev), Nicolas (Sretensky), Jean (Romachkine), Nicolas (Khvochtchev), Alexandre (Nikolsky), Pierre (Lebedinsky), Michel (Bogorodsky), Élie (Izmaïlov), prêtres, Étienne (Kouskov), moine, Basile (Ejov), Pierre (Lonskov), Étienne (Mitiouchkine) et Alexandre (Blokhine) (1937), martyre Hélène (Tchernova) (1943).
Lectures : 2 Cor. IV, 6–15. Мatth. XXII, 35–46. Saints d’Helvétie : Hébr. XI,33- XII,2 ; Matth. IV, 25 – V,2
FÊTE DE TOUS LES SAINTS DE LA TERRE D’HELVÉTIE



S
elon les paroles de St Jean de Changhaï, «  il nous appartient de vénérer dignement les saints d’Occident reconnus par l’Église orthodoxe du Christ depuis les temps anciens et recourir à eux… ». C’est pourquoi nous vénérons aujourd’hui tous les saints de la Terre d’Helvétie, dont l’office a été composé par l’évêque Ambroise (Cantacuzène) d’éternelle mémoire. Parmi tous ces saints figure saint Gall dont nous reproduisons la vie ci-après[1]




Saint Gall naquit en Irlande de parents riches et pieux qui l’envoyèrent étudier au célèbre monastère de Bangor fondé par saint Comgall [10 mai]. Il y embrassa avec zèle la vie ascétique qui mène à la connaissance de Dieu, et fut compté parmi les douze moines qui accompagnèrent saint Colomban en Gaule [23 nov.]. Il suivait son père spirituel dans ses tournées missionnaires, l’assistant dans sa prédication et dans la destruction des idoles. 

Lorsque Colomban fut condamné à l’exil à la suite des intrigues de la reine Brunehaut, saint Gall, saint Eustaise [29 mars] et d’autres moines de Luxeuil trouvèrent refuge auprès du roi d’Austrasie. Colomban les ayant rejoints, ils remontèrent le Rhin et pénétrèrent en Suisse, jusqu’au lac de Zurich, où ils se heurtèrent aux habitants barbares et idolâtres qui essayèrent de les tuer. Parvenus au lac de Constance, près de Bregenz, ils s’y installèrent autour d’une chapelle dédiée à sainte Aurélie, qui avait été occupée par les païens et qui abritait leurs idoles. 

Saint Gall, qui connaissait la langue des habitants, leur prêcha avec zèle l’Évangile et, brisant devant eux les statues, il en jeta les morceaux dans le lac. Ils purifièrent ensuite l’endroit de tout culte idolâtre, et la vie monastique put s’y développer. Saint Gall avait pour obédience la confection des filets et celle d’aller à la pêche pour fournir du poisson à la communauté grandissante. Un jour, le démon du lac de Constance, répondant au démon de la montagne qui l’avait appelé à son aide contre les moines, se mit à crier : « Cet étranger me presse dans les eaux et dévaste mon domaine. Je ne parviens pas à le tromper, car le Nom de Dieu est toujours sur ses lèvres et, veillant continuellement sur lui-même, il se rit de nos pièges ! » Les païens ayant accusé les serviteurs de Dieu auprès du seigneur du lieu, saint Colomban prit le parti de passer en Italie avec ses disciples (612). Empêché par la maladie, Gall resta en Suisse et, une fois guéri, il se mit à la recherche d’une nouvelle solitude pour y mener la vie hésychaste avec quelques compagnons. Un jour, par sa prière, il délivra du démon Frideburge, la fille du duc Gonzon, qui avait été fiancée au roi franc Sigebert. 

En remerciement, celui-ci lui offrit un terrain en bordure du lac de Constance. Le jour des noces royales étant arrivé, Frideburge déclara qu’elle désirait consacrer sa virginité à notre Seigneur Jésus-Christ. Le roi s’en remit à la volonté de Dieu et, revêtant sa fiancée des habits de reine, il la présenta à l’autel en disant : « Avec les mêmes ornements qui vous ont été préparés pour moi, je vous donne en épouse au Christ Dieu ! » Présent à une grande assemblée d’évêques et de seigneurs réunie à Constance, Gall y refusa l’élévation à l’épiscopat et proposa son disciple Jean, malgré les résistances et la tentative de fuite de ce dernier. Il assista à la consécration du nouvel évêque, puis retourna dans sa solitude où il bâtit une église entourée de douze cellules pour ses disciples. 

À la mort de saint Eustaise, les moines de Luxeuil envoyèrent une députation auprès de saint Gall pour lui proposer l’abbatiat de ce grand monastère. Mais l’homme de Dieu refusa en disant qu’il préférait servir les autres plutôt que de commander. Il continua donc sa vie au sein de sa petite communauté, sans abandonner la pêche et l’humble service de ses frères. Il s’endormit paisiblement, en 640, à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans. Le monastère de saint Gall devint par la suite un des principaux centres de rayonnement de la tradition colombanienne. Il était réputé non seulement pour la qualité spirituelle de ses moines, mais aussi pour sa riche bibliothèque et ses ateliers de copistes.



Tropaire du dimanche du 6ème ton
нгельскія си́лы на гро́бѣ Твое́мъ, и стрегу́щіи омертвѣ́ша : и стоя́ше Mapíя во гро́бѣ, и́щущи пречи́стаго Тѣ́ла Tвоего́. Плѣни́лъ еси́ а́дъ, не искуси́вся отъ него́ ; срѣ́тилъ еси́ дѣ́ву, да́руяй живо́тъ. Bоскреcы́й изъ ме́ртвыхъ Го́споди, сла́ва Tебѣ́.

Les puissances angéliques vinrent à Ton Sépulcre, et ceux qui le gardaient gisaient comme des morts. Marie se tenait près du Tombeau, cherchant Ton Corps immaculé. Toi qui as dépouillé l’enfer, Tu n’as pas été dominé par lui ; Tu es allé à la rencontre de la Vierge, Toi qui donnes la Vie. Ressuscité d’entre les morts, Seigneur, gloire à Toi !

Tropaire de tous les saints de la Terre d’Helvétie, ton 8
Я́коже пло́дъ кра́сный Твоего́ спаси́тельнaго сѣ́янiя, земля́ Елветі́йская прино́ситъ Tи́, Го́споди, вся́ святы́я, въ то́й просiя́вшыя. Тѣхъ моли́твами въ  ми́pѣ глубо́цѣ Це́рковь и отéчество на́ше  си́лою Креста́ Твоего́, coблюди́ Многоми́лостиве.
Comme le beau fruit de Tes semailles salutaires, la terre d’Helvétie T’apporte Seigneur, tous les saints qui l’ont illuminée. Par leurs prières, garde en paix profonde Ton Église et notre patrie, par la puissance de Ta Croix, ô Très-miséricordieux.

Tropaire du saint hiéromartyr Babylas, ton 4
И нра́вомъ прича́стникъ, и престо́ломъ намѣ́стникъ апо́столомъ бы́въ, дѣя́ніе обрѣ́лъ еси́, богодухнове́нне, въ видѣ́нія восхо́дъ: сего́ ра́ди, сло́во и́стины исправля́я, и вѣ́ры ра́ди пострада́лъ еси́ да́же до кро́ве, священному́чениче Вави́ло, моли́ Христа́ Бо́га спасти́ся душа́мъ на́шимъ.
Des Apôtres ayant partagé le genre de vie et sur leur trône devenu leur successeur, tu as trouvé dans la pratique des vertus la voie qui mène à la divine contemplation ; c'est pourquoi, dispensant fidèlement la parole de vérité, tu luttas jusqu'au sang pour la défense de la foi ; Babylas, pontife et martyr, intercède auprès du Christ notre Dieu, pour qu'il sauve nos âmes.
Tropaire du saint prophète Moïse, ton 2
Проро́ка Твоего́ Моисе́я па́мять, Го́споди, пра́зднующе, тѣ́мъ Тя́ мо́лимъ: спаси́ ду́ши на́ша.
Célébrant la mémoire de ton prophète Moïse, Seigneur, par ses prières, nous t'en supplions, sauve nos âmes.

Kondakion du dimanche du 6ème ton
Живонача́льною дла́нію уме́ршыя отъ мра́чныхъ удо́лій Жизнода́вецъ воскреси́въ всѣ́хъ, Христо́съ Бо́гъ, воскресе́ніе подаде́ человѣ́ческому póду ; éсть бо всѣ́xъ Спаси́тель, во-скресéніе и живо́тъ и Бо́гъ всѣ́хъ.
Par Sa main vivifiante, le Donateur de vie a ressuscité tous les morts de leurs retraites ténébreuses, Lui,  le Christ Dieu, qui a fait don de la Résurrection à la race des humains, car, de tous Il est le Sauveur, la Résurrection et la vie et le Dieu de l’univers.
 
Kondakion de tous les saints de la Terre d’Helvétie, ton 3
Егда́ обрѣ́те мѣ́сто Га́ллъ, éже на пощéнie ему́ предназна́чилъ ecи́, Влады́ко, воздви́же кре́стъ и Тебѣ́ воcпѣ́ : Го́споди Христе́ Бо́же и́же человѣ́чество спасы́й на Крестѣ́, благоволи́ да мѣ́сто сі́é Тебѣ́ посвяти́тся и не умолчи́тъ когда́  пѣ́ти Тебѣ́ хвалы́.
Lorsqu’il découvrit le lieu que Tu lui avais désigné pour son ascèse, le vénérable Gall dressa une croix et Te chanta : Seigneur Jésus-Christ, Toi qui a sauvé l’humanité sur une croix, permets que ce lieu Te soit consacré et retentisse à jamais du chant de Tes louanges.


  Kondakion du saint hiéromartyr Babylas, ton 8
Яко благоче́стія проповѣ́дника и страда́льцевъ утвержде́ніе, Це́рковь сла́витъ тя́, Вави́ло сла́вне, освѣща́ема дне́сь; но, я́ко имѣ́я дерзнове́ніе ко Го́споду, въ ми́рѣ соверше́ннѣмъ велича́ющія и восхваля́ющія тя́, сохрани́ти Христу́ моли́ся, о многострада́льне.
Comme un héraut de la foi, comme fondement des martyrs, radieuse, l'Église en ce jour te glorifie ; par le crédit que tu possèdes auprès du Christ, demande-lui de garder en parfaite paix les fidèles te vénérant, Martyr aux multiples combats.
Kondakion du saint prophète Moïse, ton 2
Ли́къ проро́ческій съ Моисе́емъ и Ааро́номъ весе́ліемъ дне́сь весели́тся, я́ко коне́цъ проро́чествія и́хъ на на́съ испо́лнися: дне́сь сія́етъ Кре́стъ, и́мже на́съ спа́слъ еси́; тѣ́хъ моли́твами, Христе́ Бо́же, поми́луй на́съ.
Le chœur des prophètes, avec Moïse et Aaron, se réjouit en ce jour, car la fin de leurs prophéties s’est réalisée sur nous : aujourd’hui resplendit la Croix par laquelle Tu nous a sauvés ; par leurs prières, ô Christ Dieu, aie pitié de nous.

COMMENTAIRE DE L’ÉVANGILE DE CE JOUR PAR ST NICOLAS VÉLIMIROVITCH[2]
Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Ce second commandement concerne aussi l’amour, non l’amour envers le Créateur mais envers Ses créatures. En aimant sa mère, l’enfant aime toutes les œuvres, les travaux et les faits et gestes de sa mère ; en particulier, en aimant sa mère, l’enfant aime ses frères et sœurs. L’amour envers la mère fortifie l’amour envers les frères et sœurs. Celui qui aime ses parents aimera tout naturellement ses frères et sœurs ; mais celui qui n’a pas d’amour envers ses parents est rarement en mesure d’aimer ses frères et sœurs. De même, celui qui aime Dieu aimera facilement les hommes en tant que frères en Dieu ; mais celui qui n’a pas d’amour envers Dieu ne peut que se tromper lui-même en prétendant aimer les hommes. Un tel homme ne peut avoir, au mieux, qu’une certaine compassion nébuleuse envers les autres, qui trouve de nouveau sa source dans l’auto-compassion. Bien que ce commandement ait été prononcé aussi dans l’Ancien Testament, il est tout à fait neuf dans la bouche du Christ. Car le Seigneur a déclaré dans une autre circonstance : Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres, comme je vous ai aimés (Jn 13, 34). Ce commandement est nouveau, d’abord parce qu’il est prononcé par Celui qui a montré le plus grand amour pour les hommes dans l’histoire ; puis parce que le concept de proches a été élargi bien au-delà des murailles du peuple juif et répandu sur tous les hommes de Dieu. Aimez vos ennemis, dit le Christ. Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? (Mt 5, 44-47)
CHAQUE JOUR, SUR LE SITE Orthodoxie.com DANS LA RUBRIQUE « VIVRE AVEC L’ÉGLISE » : LISTE DES SAINTS COMMÉMORES (DONT LES SAINTS ORTHODOXES OCCIDENTAUX), TROPAIRES, KONDAKIA, ÉPITRE ET ÉVANGILE DU JOUR.
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[1] [1] Vie tirée du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras
[2] Extrait des homélies sur les Évangiles des dimanches et jours de fête, Collection Grands Spirituels orthodoxes du XXème s. Éditions de l’Âge d’Homme.

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